L'imagination et la mémoire pour respecter la satiété

Par Françoise
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La mémoire et l'imagination peuvent influencer le comportement alimentaire. En effet, des études démontrent que ces deux facteurs jouent un rôle important dans les quantités consommées. Se « rappeler » avoir beaucoup mangé, alors que ce n'est pas le cas, permet de consommer moins. Il en est de même avec l'imagination d'un repas goûteux. Qu'en est-il ?

Une nouvelle stratégie pour manger moins

Les personnes qui croient avoir suffisamment mangé seraient conduites à s’arrêter et manger moins. Inversement, on mangera davantage si on croit avoir mangé peu. C'est ce que démontre une expérience de chercheurs anglais. Jeffrey Brunstorm et ses collègues de l'Université de Bristol ont proposé à une centaine de volontaires une grande portion de soupe (500 ml) ou une petite (300 ml) pour le déjeuner. Sans que personne ne s'en aperçoive, les chercheurs ont changé la quantité de soupe pour chacun des participants à l'expérience. Ceux qui pensaient ingérer une grande portion en absorbaient en réalité une petite et inversement. Après le repas, les volontaires qui ont cru consommer 500 ml de soupe avaient bien moins « faim » que ceux qui pensaient avoir pris 300 ml.

En fait, cette expérience récente n’est que la reproduction d’un travail mené dans les années 1970 par des chercheurs allemands, Pudel et Oetting.

Que conclure de ce type d’expérience ? Sûrement pas que les sensations alimentaires sont modifiées par la croyance dans les quantités mangées, mais plutôt que pour des personnes ne portent que peu d’attention à leurs sensations alimentaires, on décide des quantités à consommer par la voie du raisonnement. En quelque sorte, je pense avoir déjà beaucoup mangé, donc je m’arrête, je pense avoir peu mangé, donc je continue.il est vrai que manger distraitement conduit à peu de sensations alimentaires et, pour obtenir de la satisfaction à manger, on mange automatiquement davantage.

Comme on voit, il s’avère en fait bien difficile d’interpréter les résultats de ce type d’expériences…

Penser à ce que l'on a envie de manger pousse à manger moins

Une autre étude menée par des psychologues américains entreprend d’évaluer les effets de l’imagination d’aliments sur les quantités consommées. Les chercheurs ont donc demandé à 25 étudiants d’imaginer qu'ils mangeaient 30 sucreries au chocolat M&M's et qu'ils en versaient 3 dans une machine à laver. Un autre groupe de 25 étudiants devaient en manger 3 et en jeter 30. A la suite de cette étape, les volontaires se voyaient offrir un bol plein de M&M's, dans lequel ils pouvaient piocher sans limite. Le premier groupe d'étudiants a alors consommé trois bonbons de moins en moyenne que le second groupe. Après les bonbons au chocolat, les chercheurs ont répété l'expérience avec du fromage. Le résultat a été le même qu'avec les M&M's. Le groupe qui avait imaginé en manger le plus en a, en réalité, mangé moins que l'autre groupe.

Cependant, notent les auteurs, ce n'est pas le simple fait de s'imaginer manger qui a des conséquences sur le niveau de consommation, c'est le fait de penser manger un aliment précis, dont on a envie.

Et si on appliquait ces stratégies à l'alcool et aux cigarettes ?

Selon le directeur de l'étude, les « résultats pourront être utilisés pour élaborer des thérapies comportementales permettant aux gens de vouloir moins d'aliments mauvais pour la santé » mais que cela pourrait s'appliquer également pour d'autres substances comme l'alcool ou les cigarettes. On est, dans ce type d’expérience, proche des techniques d’influence et d’hypnose. Un acte imaginé est partiellement vécu et intégré comme un acte réellement effectué.

On voit aussi que les approches restrictives, qui conduisent à culpabiliser à l’idée de manger tel ou tel aliment sont contre-productives. S’autoriser à penser aux nourritures que l'on apprécie, qu’on mangera peut-être plus tard, ne fait pas manger davantage, mais plutôt moins.

Aussi, c'est ce que la méthode Linecoaching recommande. Les bonnes nourritures sont là, disponibles, et nous savons que nous pouvons les consommer. Mais nous savons aussi que nous en retirerons bien plus de plaisir si l’appétit est présent. Aussi sommes-nous enclins à les manger au meilleur moment, attentifs au plaisir procuré. De ce fait, nous avons plus de plaisir avec moins d’aliments. Telle est la clé pour perdre du poids durablement et continuer à se faire plaisir sans se priver.

 

Sources :

PLos One

Pudel VE, Oetting M. Eating in the laboratory: behavioural aspects of the positive energy balance. International Journal of Obesity [1977, 1(4):369-386]

Par Françoise
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