Hyperphagie : un anticorps responsable ?

Par Françoise
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Gros appétit, faims anormales ? Un anticorps pourrait être responsable de l’hyperphagie. Une étude de l’Inserm a démontré que des immunoglobulines pouvaient retarder la sensation de satiété, ce qui pourrait favoriser l’obésité.

L’obésité est avant tout un problème d’hyperphagie : on mange davantage que ses besoins, et ce, souvent malgré de nombreux efforts pour juguler son appétit. L’équipe Inserm – Institut national de la santé et de la recherche médicale - « Nutrition, inflammation et dysfonction de l’axe intestin-cerveau » s’est penchée sur la question et ses travaux suggèrent qu’un dysfonctionnement biologique peut être à l’origine du trouble. L’étude a été publiée dans la revue scientifique Nature Communications le 25 octobre 2013.

La régulation naturelle de la faim

L’hypothalamus – situé dans le cerveau- régule le poids comme la prise alimentaire, et réagit notamment à ghréline, hormone de la faim produite par l’estomac. L’équilibre hormonal sait tenir compte des besoins du corps, de ses réserves, et en écoutant sa faim comme sa satiété, le corps régule en temps normal naturellement la prise alimentaire, chez les personnes saines. Après un bon et solide repas du dimanche, la faim n’est plus au rendez-vous : l’hypothalamus est réceptif, le taux de ghréline a nettement diminué. Ce mécanisme naturel est bien le meilleur allié Minceur !

Un dysfonctionnement de l’immunoglobuline

L’équipe de recherche a alors remarqué que les personnes obèses continuaient à ressentir la faim malgré un taux bas de ghréline. Paradoxale, l’hyperphagie s’explique ici par des anticorps, des immunoglobulines, qui ont une affinité particulière et anormale avec la ghréline. Les anticorps protègent la ghréline de la dégradation habituelle, et la transportent vers le cerveau : les immunoglobulines renforcent en quelque sorte la stimulation de l’appétit, alors que le taux global de ghréline peut rester bas.

Et les autres troubles du comportement alimentaire ?

Ce travail est le prolongement d’une première recherche de 2011. Il éclaire peut-être d’autres troubles de l’alimentation. En 2011, l’équipe avait montré l’interférence entre les immunoglobulines et les hormones de l’appétit, de la satiété, mais aussi de l’anxiété dans les situations de boulimie, d’anorexie ou de dépression.

De nouvelles pistes s’ouvrent pour aborder les troubles du comportement alimentaire, qu’il s’agisse de boulimie ou d’anorexie, ainsi que d’obésité. On ne rechercherait plus seulement des causes d’ordre psychologique, mais aussi des facteurs d’ordre physiologique, sur lesquels il serait possible d’agir.

On voit ici l’importance des sensations alimentaires dans ces différents troubles, et les conséquences de leurs dérèglements. On conçoit que les régimes amaigrissants, qui obligent à cesser d’écouter ses sensations alimentaires puissent contribuer à dérégler encore plus les mécanismes de régulation. Et on comprend aussi à quel point il est important de travailler sur ses sensations alimentaires, sur les facteurs émotionnels pouvant les dérégler.

En attendant la pilule miracle ? Mais depuis combien de temps l’attend-on, celle-là ? Et est-elle véritablement en mesure d’exister un jour ? Mieux vaut aujourd’hui compter sur soi, sur un travail d’apaisement, afin d’influer favorablement sur ses mécanismes de régulation.

Par Françoise
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