Comment reconnaître les symptômes de la boulimie

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Par Françoise
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Il peut arriver à tout le monde de trop manger sous l'influence de certaines émotions, mais quand on pense à la nourriture tout le temps, on a de grandes chances d'avoir affaire à un trouble du comportement alimentaire. Comment savoir dans ce contexte à partir de quand on peut parler de boulimie ?

Quels sont les symptômes de la boulimie ?

La boulimie se traduit par des prises alimentaires où l’on consomme de grandes quantités de nourriture en peu de temps, avec le sentiment qu’on n’a pas le contrôle des événements. Les boulimiques utilisent des méthodes compensatoires afin de ne pas prendre de poids : vomissements, prises de laxatifs ou périodes de jeûne.

Hélène mange tout et n'importe quoi de manière compulsive. Elle s'isole pour ingurgiter des aliments qu'elle avale sans plaisir, le plus vite possible pour ensuite se faire vomir. Elle craque souvent dans des situations émotionnelles synonymes d'inconfort comme l'angoisse ou l'irritabilité, ce qu'elle regrette tout de suite après. À la honte de se faire vomir s'ajoutent le poids de la culpabilité et des regrets. Elle se dévalorise et entretient par conséquent une image négative d'elle-même, confirmée par ses échecs répétés. Elle voudrait arrêter ces crises devenues fréquentes par la seule force de sa volonté, mais n'y parvient pas. L'obsession de la nourriture ne la lâche pas et elle redoute toujours le prochain craquage.

Le cas d'Hélène n'est pas isolé puisque la boulimie concerne aujourd'hui de 2 à 5 % environ des femmes de 15 à 45 ans, soit 225 000 femmes. Quand la personne ne se fait pas vomir après une crise, on parle alors d'hyperphagie boulimique. Dans ce cas, elle est très clairement en surpoids, voire obèse.

Quelles sont les causes de la boulimie ?

Elles sont multiples. Le désir de minceur et de contrôle de nos sociétés joue clairement un rôle décisif dans l’expansion des troubles boulimiques dans les sociétés développées. Le fait de chercher à contrôler son comportement alimentaire en vue de contrôler son poids conduit bien souvent à des pertes de contrôle qui amorcent le cycle boulimique. Enfin, la crise boulimique est un moyen de réduire les émotions pénibles, les angoisses et soucis de tous ordres, chez les personnes impulsives. Le manque d’estime de soi, un sentiment de manque d’authenticité personnelle, de vide intérieur, sont aussi des constantes, et s’expliquent la plupart du temps par l’histoire individuelle et les relations parents-enfant. La crise boulimique apparaît comme un temps fort venant mettre entre parenthèses le malaise existentiel, comme, pour d’autres, l’utilisation de l'alcool ou de médicaments.

Comment s'en sortir ?

C'est d'abord un médecin qui peut décider s'il s'agit d'un mal-être passager ou d'un problème touchant à la personnalité. Ensuite, il peut orienter vers un traitement de fond.

Tout d’abord, dans bien des cas, un traitement antidépresseur contribue à l’amélioration, mais ne dispense pas d’un travail psychothérapeutique.

De ce point de vue, il existe aujourd’hui plusieurs approches. Les approches classiques de type psychanalytique permettent d’aborder la problématique de fond, l’histoire individuelle, et apportent un mieux-être, mais semblent avoir peu d’effet sur les crises boulimiques elles-mêmes. Les thérapies cognitivo-comportementales, et en particulier les thérapies abordant les problèmes émotionnels, sont les approches donnant les meilleurs résultats. Il s’agira alors de travailler sur le comportement alimentaire afin de quitter le contrôle pour en venir à l’écoute des sensations alimentaires, et parallèlement de faire un travail approfondi sur les émotions, l’estime de soi et les relations interpersonnelles.

Pour guérir de la boulimie, il faut arrêter de se fuir, en d'autres termes ne plus faire semblant. Cela revient à apprendre à se connaître et s’accepter tel que l’on est, être plus tolérant et bienveillant vis-à-vis de soi-même.

 

Sources :

- www.gros.org/

- thérapies cognitivo-comportementales : www.aftcc.org/

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