La restriction cognitive : qu'est-ce que c’est ?

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La restriction cognitive : qu'est-ce que c’est ?

L’expression est issue du jargon scientifique. Elle désigne quelque chose que nous connaissons tous : la volonté de contrôle de l’alimentation afin de maigrir. Voici quelques explications simples sur ce concept central.

« Restriction cognitive », quésaco ? Une expression employée par les spécialistes du surpoids et des troubles alimentaires pour définir les régimes amaigrissants au sens large. Le fait de vouloir restreindre de manière consciente son alimentation pour maigrir. Mais cette expression est surtout au cœur d’un débat qui divise tous ceux qui s’intéressent aux problèmes de surpoids : cette restriction est-elle bonne ou non? Tandis que certains la voient comme un rempart contre l’obésité, de plus en plus de chercheurs la considèrent comme un trouble du comportement alimentaire en soi, néfaste et dangereuse.

Pourquoi la restriction cognitive, le désir d’un contrôle volontariste sur son alimentation, divise-t-il ainsi ?

Parce que le bilan des régimes amaigrissants est largement négatif. Selon une étude citée par Jean-Philippe Zermati et Gérard Apfeldorfer dans leur ouvrage Traiter l’obésité et le surpoids, dans 90 % des cas, l’efficacité d’un régime amaigrissant ne dépasse pas trois ans. D’autres études ont montré qu’en suivant des enfants pendant trois ans, à âge et poids équivalents, ceux qui grossissent le plus sont ceux qui pratiquent le plus de régimes. Selon les deux praticiens, l’anxiété et la culpabilité alimentaire qui accompagnent les régimes amaigrissants perturbent les processus physiologiques de contrôle des apports alimentaires (le fait de manger pour combler son appétit et de s’arrêter de manger une fois à satiété) ; ils aboutissent fréquemment à des compulsions qui finalement aggravent la prise de poids.

Je sais que je n’ai plus faim mais je n’arrive pas à m’arrêter

En définitive, la restriction cognitive nous éloignerait d’une alimentation intuitive, d’un comportement alimentaire où l’attention porte avant tout sur les sensations. Le contrôle mental volontaire et conscient se substitue à des mécanismes neurophysiologiques inconscients. Voici à quoi aboutit cette tentative de restriction, des états graduels que nombreux d’entre nous connaissent :

- Une restriction cognitive légère : « Je sais que j’ai faim mais je ne dois pas manger ». C’est-à-dire que je ressens la faim, mais je décide de ne pas en tenir compte. Pendant un temps, cette manière de faire va me permettre de suivre mon régime et de mincir. Jusqu’à un éventuel craquage.

- Une restriction cognitive modérée : « Je sais que je n’ai plus faim mais je n’arrive pas à m’arrêter ». Les émotions négatives prennent le dessus, le sentiment de culpabilité est fort. On se sent incapable et cela aboutit à nous faire manger encore plus.

- Une restriction cognitive sévère : « Je ne sais plus si j’ai encore faim ou si j’ai assez mangé ». Les sensations alimentaires sont très faibles, j’essaye seulement de contrôler la situation mentalement, mais je n’y arrive pas. On se sent par conséquent très vulnérable.

- Une restriction décompensée : « Je mange sans faim et je ne contrôle plus rien ». Je n’ai plus aucun contrôle mental et mes sensations alimentaires sont à zéro. Des émotions extra-alimentaires m’envahissent : l’angoisse de ne plus rien contrôler, l’impression d’être incapable de suivre le schéma d’un régime et de mincir, la culpabilité.

Finalement, la restriction cognitive aboutit non pas à un poids satisfaisant, mais à une relation pervertie à la nourriture, faite d’anxiété de grossir et de culpabilité. Car ce contrôle absolu qu’on aimerait avoir sur son alimentation n’est pas tenable ! Par ailleurs, on en vient à oublier les aspects gustatifs et gastronomiques de l’alimentation, qui sont essentiels, que l’on veuille mincir ou non. Les thérapies cognitivo-comportementales privilégient donc le travail sur les émotions et les sensations alimentaires, seul moyen de retrouver un rapport serein à la nourriture et d’atteindre son poids d’équilibre.

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