La chrononutrition : qu’en penser ?

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La chrononutrition : qu’en penser ?

La chrononutrition a pour ambition de tenir compte des variations que notre corps subit tout au long de la journée, qui est réglé par des variations neuro-hormonales. Ainsi, par exemple, notre température corporelle est maximale en milieu de journée et c’est le moment où nous sommes habituellement les plus éveillés et actifs. Le docteur Delabos en tire des conclusions sur le plan nutritionnel et en matière d’amaigrissement. A-t-il raison ?

Pour le docteur Delabos, la « chrononutrition » n’est pas à proprement parler un régime. Si aucun aliment n’est définitivement écarté, il convient cependant de les consommer selon des règles horaires strictes. Selon lui, les aliments à haute densité calorique sont à consommer le matin, parce qu’ils seraient brûlés durant le reste de la journée, tandis que le soir, il convient de manger aussi léger que possible, car toujours selon le Dr Delabos, ce seraient ces aliments-là qui seraient stockés durant la période nocturne.

Parcours minceur ?

La méthode, comme tous les régimes, doit être appliquée de façon immuable, « à vie », sous peine de ne pas maigrir ou de regrossir. Avant de démarrer, il vous faudra mesurer vos poignets, votre poitrine, vos hanches et noter votre poids ainsi que votre taille. À ce stade, votre chrono-expert, en accord avec le docteur Delabos, vous dira à quel morphotype vous ressemblez. Théoriquement, vous devez faire partie de l’un des cinq morphotypes suivants :

- Le "Chéops" : silhouette en pyramide. Tout dans le bas du corps ! Hanches, fesses et cuisses si vous appartenez à la variante « maya », et morphologie « potelée » de haut en bas » si vous appartenez à la variante « Rubens »,

- Le "Schwarzy" : une morphologie plutôt masculine avec un torse très développé et un bas de corps assez maigre, Le « sablier » : un corps fin mais avec des fesses et des hanches bien trop rondes

- Le "monastique" : en forme de tonneau avec une taille épaisse et un ventre proéminent

- Le "tronc d’arbre" : un morphotype massif propre aux gros mangeurs

- L’ "ascétique" : silhouette trop « filiforme » sans seins, ni fesses, ni hanches.

À chaque morphotype, des carences, des excès, des quantités disproportionnées et des erreurs alimentaires peuvent être associés. Et c’est cela qui va être corrigé durant votre parcours. Selon le docteur Delabos, l’organisme sécrète une hormone (le cortisol) qui régule le métabolisme des graisses, des protéines et des glucides sur un cycle de 24 heures. Le pic maximal de sécrétion de cortisol ainsi que le pic d’insuline se faisant en fin de nuit, une hypoglycémie va se déclencher au réveil, moment propice à un repas « lourd » et riche pour recharger les batteries et démarrer la journée en faisant le plein d’énergie.

En clair : vous devrez manger des protéines et aliments « gras » (œufs, fromage, beurre, pain, charcuterie) au petit déjeuner, des aliments « denses » au déjeuner (viandes accompagnées de féculents), des aliments « sucrés » au goûter (chocolat, fruits, compotes, sorbets) et des aliments « légers » au dîner (poisson maigre, légumes frais). À noter : il est important de respecter un laps de temps de cinq heures environ entre chaque repas. Votre poids diminuera au fil des semaines, car les graisses ne seront pas stockées puisque dépensées tout au long de la journée.

Le docteur Delabos met l’accent aussi sur le « poids » des aliments. Si vous consommez des aliments « lourds » comme le fromage par exemple, vous n’aurez besoin que de petites quantités, car c’est très nourrissant. En revanche, les aliments légers (comme le lait) ou les produits justement dits « allégés » ont besoin d’être absorbés en très grande quantité pour vous rassasier. C’est la raison pour laquelle ils sont presque « oubliés » dans le programme. Selon votre morphotype et la localisation de vos rondeurs, des conseils sont donnés pour perdre du poids là où il y en a besoin. De plus, la méthode est aussi censée tonifier votre organisme, traiter les troubles gastriques, les troubles du sommeil, le diabète.

Le coaching se fait à deux vitesses : « Chrono » et « Chrono plus ». Si vous avez choisi la méthode « Chrono », vous serez « suivi » uniquement une fois par mois. En revanche, si vous avez cassé votre tirelire et que vous vous êtes inscrit au régime « chrono plus », vous ferez partie des privilégiés, car l’accompagnement sera hebdomadaire ! Le docteur Delabos met un point d’honneur à vous accompagner tout au long de votre parcours. Vous pourrez donc poser vos questions en direct aux chrono-experts qui sont là pour vous rassurer et participer à votre « réussite » nutritionnelle. Et si vous voulez partager vos impressions avec les autres adhérents ou échanger des recettes "minceur", un forum de discussion vous est offert.

La chrononutrition : un régime amaigrissant ?

Rappelons qu’un régime amaigrissant consiste à appliquer des principes, des croyances, des recettes pour déterminer ce qu’on mange, quand on le mange, et combien on en mange. En faisant cela, on n’est plus en mesure d’écouter sa faim et sa satiété, ses appétences et donc de manger sur un mode physiologique. Les régimes compliquent aussi l’existence sociale en rendant difficile de manger dans le partage et la convivialité. Il n’est donc pas suffisant de dire qu’aucun aliment n’est écarté pour que l’on n’ait pas affaire à un régime. Certes on peut manger du foie gras ou des rillettes, mais au petit déjeuner ! Entravé dans sa consommation, on mange alors automatiquement moins en quantité, et on maigrit, comme dans tout régime. Mais peu à peu, au fur et à mesure que le temps passe, ce qui semblait enthousiasmant au départ devient de plus en plus pesant, on finit par craquer et tout reprendre, avec une prime.

Remarquons que le Dr Delabos est bien conscient du risque qu’il y a à tuer toute vie sociale, où l’alimentation joue un si grand rôle : aussi donne-t-il deux « jockers » en cours de semaine, qui donnent droit à des repas de fête « sans culpabilité ». Mais est-ce là une bonne solution ? Cela revient en fait à opposer deux systèmes alimentaires, un système privatif, qui est censé être la règle, et un système transgressif, durant lequel on abuse d’autant plus qu’on s’est longuement privé. L’excès appelle le régime et le régime appelle l’excès.

Que penser de la chrononutrition ?

Tout d’abord, qu’elle est un colosse aux pieds d’argile. Certes, selon les phases du nycthémère, notre métabolisme passe par des hauts et des bas, les concentrations hormonales et neuro-hormonales fluctuent. Mais cela ne signifie aucunement que l’heure à laquelle on mange ait une quelconque influence sur le niveau de stockage ou de déstockage des lipides. Les différentes études scientifiques sur le sujet montrent au contraire que ce sont les apports caloriques globaux, à l’échelle de la semaine, quelles que soient les heures de consommation et le nombre de prises alimentaires, qui déterminent le bilan calorique et l’évolution pondérale. En fait l’organisme ne cesse de mobiliser les graisses de réserve, par exemple durant la fin de nuit, et de reconstituer les stocks à la moindre occasion, par exemple après un repas. Les graisses de réserve sont en fait mobiles, sauf certaines graisses telles que la cellulite, très peu mobilisable.

Comme tout régime, la méthode Delabos détourne l’individu des messages corporels : il ne faut plus manger quand on a faim et s’arrêter quand on est rassasié. Il ne faut plus manger selon ses appétences. Non, il faut manger beaucoup le matin, même si on n’a pas faim, et se serrer la ceinture le soir, même si on a faim. Et manger des aliments riches même si on a envie de choses légères, et vice-versa. Les interdits, contrairement aux promesses, sont nombreux (entre autre les laitages, les soupes, les potages, les produits allégés…) Et bien sûr, comme dans les autres méthodes fondées sur la diététique, les aspects psychologiques et émotionnels sont purement et simplement ignorés.

Au total, la méthode Delabos dérègle encore un peu plus la machinerie neuro-hormonale interne en charge de la régulation pondérale, a toute chance d’aggraver la problématique émotionnelle, et diminuer encore un peu plus l’estime que l’on se porte. Les kilos vite perdus seront vite repris, et plus encore.
 

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